En 2016, Lens aura son Fab’lab numérique culturel

10 décembre 2015

Cela fait plusieurs années que l’on évoque l’ouverture d’un « Fab’lab » sur l’Artois. Ce dernier aura la spécificité d’être rattaché à la Louvre-Lens Vallée et sera dédié aux métiers du numérique culturel. Il servira également de plateforme de rencontre et de collaboration entre le monde universitaire et celui des entreprises.

Les Fab’lab ou laboratoires de fabrication sont nés à la fin des années 1990 aux États-Unis dans la célèbre université MIT (Massachusetts Institute of Technology). Grâce au mouvement DIY (NDLR : Do It Yourself, que l’on peut traduire par faites-le vous-même), ils ont pris de l’importance et se sont démocratisés.

Pour faire simple, il s’agit de lieux publics dans lesquels les chercheurs, les étudiants ou tout simplement les particuliers peuvent avoir accès à du matériel de laboratoire et/ou d’atelier afin de pouvoir réaliser leurs propres montages, expériences et s’improviser Géo Trouvetout, chimiste ou bien encore spécialiste de l’électronique.

Arrivé en France en 2009, le mouvement prend de plus en plus d’importance et les ateliers de fabrication se développent dans les différentes régions. Ils sont généralement rattachés à des universités. À l’échelle de la région Nord – Pas-de-Calais, on trouve plusieurs ateliers de fabrication, à Lille, Valenciennes ou encore Calais. Le prochain Fab’lab ouvrira ses portes à Lens et sera rattaché à l’université d’Artois.

« Notre Fab’lab aura la particularité d’être spécialisé et dédié au mouvement culturel », précise Pascal Mammon, vice-président de l’université d’Artois en charge du déploiement de ce Fab’lab. Autre spécificité de l’entité lensoise, elle sera rattachée et hébergée à la Louvre-Lens Vallée (LLV).

Créer une dynamique

Le Fab’lab de l’université lensoise est aujourd’hui classé prioritaire au niveau régional, il doit permettre de créer une plateforme, une interface de rencontre entre le monde universitaire et le monde économique par l’intermédiaire des Start-Ups accompagnées par la LLV. « À mon sens, l’ouverture de ce Fab’lab permettra à la Louvre-Lens Vallée de réellement prendre son essor et de s’afficher comme une entité dédiée à la recherche dans le domaine du numérique culturel », poursuit le vice-président.

Le pôle numérique culturel lensois a besoin de projet comme celui-là pour se développer. L’atelier trouvera quant à lui tout son sens dans la collaboration entre les étudiants et chercheurs de l’université d’Artois et les dirigeants des start-ups. Et Pascal Mammon d’ajouter « La proximité avec les entreprises est essentielle, nous avons intérêt à travailler ensemble pour aller encore plus loin, encore plus vite. »

Alors certes, les premières discussions autour de ce projet commencent à dater et les premières discussions autour du Fab’lab lensois remontent au mois de décembre 2013. « Les travaux d’aménagement de l’ancienne école Paul-Bert retardent l’ouverture de l’atelier. » La communauté d’agglomération de Lens-Liévin, propriétaire des locaux a été confrontée à des problèmes de désamiantage et de mise aux normes du bâtiment, ce qui a pour effet de retarder la livraison des locaux de la Louvre-Lens Vallée et par conséquent ceux du Fab’lab.

Le vice-président reste confiant, « on nous a assuré que tout serait prêt en 2016 et qu’enfin, notre projet pourrait prendre vie. » Tout est donc une question de patience.

Des financements

Le Fab’lab lensois s’inscrit dans le cadre du contrat de plan État-Région, un budget de 110 000 euros a d’ores et déjà été alloué au projet pour le financement des équipements et du matériel. « Nous avons également obtenu le détachement d’un chercheur qui aura pour rôle d’accompagner les étudiants et les porteurs de projets. »

La structure a donc de quoi démarrer et pourra dans les années à venir obtenir d’autres financements, en fonction des appels à projets auxquels elle répondra, « une enveloppe globale de 4 millions d’euros a été provisionnée pour les projets régionaux », se félicite Pascal Mammon. Tout reste ouvert et à faire pour ce Fab’lab qui doit permettre d’opérer des transferts de la technologie vers l’économie réelle.

Les retombées économiques attendues sont importantes, les entreprises ont tout à gagner à travailler main dans la main avec le monde universitaire et inversement. « Il doit en découler tout un écosystème avec des nouveaux modèles de développement », conclut le vice-président.

La proximité du Fab’lab avec le Louvre-Lens et ses réserves est une chance unique de pouvoir travailler sur du concret. On imagine d’ores et déjà que les visites virtuelles du futur ou qu’une nouvelle muséographie dite interactive ou bien d’autres applications qui pourront y être développées. À suivre…


Guillaume Cugier
L’Écho du Pas-de-Calais n°156
Décembre-Janvier 2015

URL courte : www.echo62.com/article5573

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